ERNOTTE & CNEWS OU COMMENT ALIMENTER UNE POLÉMIQUE

Le silence est souvent le meilleur communiqué. Traiter les attaques par le mépris est généralement un signe de force et de détermination. En oubliant ces principes de base en politique et en se jetant dans la fosse organisée par les médias qu’elle dénonce, Delphine Ernotte démontre qu’elle est toujours à côté de la plaque dans ce domaine.

Quand cette dernière  déclare au Monde, quelques jours après la sortie de « l’affaire Legrand-Cohen », que CNews est une « chaîne d’opinion, d’extrême droite », elle se prend les pieds dans le tapis bien en évidence devant elle. Pourquoi ?

  • Tout d’abord parce que la polémique touchait à sa fin et que les médias, y compris ceux du groupe Bolloré, passaient déjà à autre chose (Zucman). Là,  elle leur donne le charbon pour rallumer les braises dans leurs chaudières.
  • Ensuite parce qu’elle offre les salariés de France Télévisions en pâture. Les  salariés oui (même si Patrick Cohen est en fait payé par le groupe Mediawan), mais coller une étiquette sur un média concurrent, c’est descendre dans l’arène, s’y exposer et y exposer tous les salariés de France TV. C’est jeter de l’huile sur le feu vis-à-vis de CNews et des autres médias du groupe Bolloré qui, depuis, tournent en boucle sur cette phrase.
  • Enfin et surtout, ça renvoie aux années 80-90 quand la Gauche fustigeait le vote des « classes populaires » commençant alors à migrer vers le FN, pointant et culpabilisant les téléspectateurs, auditeurs, lecteurs des médias du groupe Bolloré.

On voit aujourd’hui où cette « bien-pensance » nous a mené. Ne pas en avoir tiré de morale de l’histoire 30 ans plus tard, c’est affligeant. Ces Français qui regardent CNews ou Canal +, écoutent Europe 1, lisent le JDD, sont aussi NOS téléspectateurs, réguliers ou occasionnels mais aussi NOS financeurs (car c’est bien une fraction de la TVA que paient tous les Français qui finance la télé publique)

Les pointer du doigt à travers des médias qu’ils suivent, c’est créer chez eux un sentiment de stigmatisation et les coller dans des cases, c’est grave…sauf à considérer qu’ils sont perdus pour l’audiovisuel public.

Est-ce le rôle de France TV, est-ce le devoir de celle que l’ARCOM a maintenu en ces termes :  « L’Autorité a fait le choix de privilégier la continuité à la tête du groupe, dans un contexte marqué par des incertitudes majeures » ?  Il nous semblait que notre mission était plutôt de rassembler, d’organiser le débat pour élever la réflexion de chacun et non pas de trancher entre les bons et les mauvais. Rassembler, c’est le cas ponctuellement, comme lors de la soirée contre l’illettrisme et de son doc « J’ai pas les mots ». Trop rarement. En empiétant sur le rôle de l’ARCOM ou du ministère ou d’élus ayant des mandats, Delphine Ernotte sort de son devoir de réserve et obligation de neutralité. Ce n’est cependant qu’une production logique de sa pensée du 6ème arrondissement où depuis longtemps, elle ne voit plus la France telle qu’elle est mais « telle qu’on voudrait qu’elle soit », comme elle le déclarait devant l’Assemblée Nationale en juillet 2023.

La France hors-sol, celle des petites élites rabougries parisiennes, entraîne le Pays vers ce qu’elle est censée empêcher, le chaos. Comme d’autres dirigeants français, satisfaits d’eux, entre eux, Delphine Ernotte oublie consciencieusement que dans la mission qu’on lui a confiée, il n’y a pas de camp d’en face. Il n’y a que des français à informer, divertir, éduquer. Rien de moins. Il faut croire qu’au 3ème mandat, elle n’a toujours pas compris.

Pour télécharger le document au format PDF, cliquez sur le lien ci-dessous:

ERNOTTE & CNEWS OU COMMENT ALIMENTER UNE POLÉMIQUE